Comme un poisson volant!
20.12.2007
En trois jours, Sodeb'O s'est propulsé à plus de 20 nÅ“uds de moyenne à la latitude des Canaries. Thomas Coville nous faisait d'ailleurs remarquer combien les saisons sont fugaces quand on vit en mer en multicoque. Parti en début de semaine par un froid glacial, Thomas a déjà laissé tombé la polaire. Il vit aujourd'hui en tee-shirt sachant que dans trois jours, il subira l'humidité poisseuse des zones équatoriales et que dans 10 jours, il ressortira bonnets, gants et bottes fourrés avec l'entrée dans l'Océan Indien.
Belle entrée en matière donc pour Sodeb’O et son skipper qui confirme que " le bateau passe exceptionnellement bien dans la mer. Quand le flotteur sous le vent disparaît dans l’eau, il ressort sans accélération brutale. Dans les mêmes conditions de mer, je me sens plus en sécurité que sur un 60 pieds qui sont des bateaux plus aériens, plus oiseaux, grâce aux foils. Le maxi Sodeb’O est plus proche du poisson. Comme un animal, il ne lutte pas avec l’eau, il passe à travers sans s’arrêter " .
Question vitesse, Thomas reconnaît être impressionné quand le bateau file à 30 ou 35 nœuds, " des vitesses élevées ". Le skipper précise qu’il doit gérer en permanence une équation subtile entre le désir de vitesse et la gestion de la durée. Un tour du monde, c'est 70 jours soit 10 transats successives avec 25 noeuds comme vitesse cible !
Quant au record, il n’y pense pas et " ne veut pas se mesurer - du moins tout de suite - ni à la route d’Ellen (MacArthur) ni à celle de Francis (Joyon). De toute façon on n’a pas les mêmes conditions à la même latitude et on ne court par ensemble contrairement à une course où tu vis au quotidien avec tes adversaires ".
L’ambiance s’avère studieuse à bord de Sodeb’O avec une gestion émotionnelle du départ qui n’a pas été forcément facile : " Tu passes en trois jours du petit-déjeuner avec tes enfants à la solitude de l’océan. Je reste concentré sur ce que j’ai à faire. La vie à bord s’organise depuis que les conditions sont plus paisibles. J’ai sorti mon sac de nourriture hebdomadaire dans lequel il n’y a que des bonnes choses. J’ai aussi mis en marche mon I Pod mais malheureusement il y a eu un grain à ce moment là ! "
par AUFFREDOU : Allez, on y croit, Thomas, vous etes un grand monsieur. Tout n'est pas fini. Et puis quand bien meme, le record ne serait pas battu, ce serait une performance exeptionnelle de toute facon. Peu de gens sur terre sont capable de faire ce que vous avez etes entrain de faire. Peu de gens ont autant de motivation et de courage que vous. Vous etes un exemple. Je suis connecté en permanance et c'est incroyable comme je suis accroc de votre trajectoire. C'est presque pire que virtual regatta que j'avais fait à l'époque de groupama et de la transat jaques vabre. Merci à vous monsieur Thomas Coville, merci à vous, marins de toutes envergure. FP AUFFREDOU



