Les prémices des 40èmes
01.01.2008
Retour d'un système météo favorable à bord de Sodeb'O qui navigue vers les quarantièmes
Depuis deux jours, Thomas Coville a retrouvé du vent et, qui plus est, un bon vent d'Ouest qui propulse le trimaran rouge et blanc à plus de 20 nÅ“uds vers le cap de Bonne Espérance. Installé en travers de la route de Sodeb'O, l'anticyclone de Sainte-Hélène aura contraint le skipper trinitain à effectuer un détour de quelques 800 milles. Un prix à payer élevé que le skipper estime à deux jours et demi.
Thomas reste cependant serein. Comme il le confie : « Naviguer en solitaire sur ce trimaran de 32 mètres est un vrai plaisir. Aujourd’hui ma seule frustration, c’est la performance même si je raisonne sur la globalité et non pas sur l’instant présent. Si je ne suis pas capable d’accepter les conditions d’un sport de plein air, il fallait que je fasse un sport en salle. Je fais le malin, là tout de suite, mais je ne vais pas cacher qu’il y a des moments difficiles. Pour s’extirper de Saint Hélène, nous avons choisi la moins mauvaise des solutions ».
L’avenir proche est plus favorable quoique musclé : « Devant moi, 36 heures à serrer un vent soutenu avec une mer de face. J’avance sur un flotteur dans un mur de brouillard à 20/25 nœuds. C’est comme en ski quand vous descendez dans le brouillard. Dans quelques jours, j’arrondirai ma route sous l’Afrique du Sud. Quoique toujours viril, l’Océan Indien devrait être moins compliqué que le schéma météo que nous avons à gérer depuis quelques jours ». En effet, la dépression qui accompagne Thomas aujourd’hui, devrait rejoindre un autre système de forts vents d’Ouest qui pousseront Sodeb’O à bonne allure à travers les mers du Sud.
L’ambiance a bord a changé du tout au tout. Fini les longues glissades nocturnes en tee-shirt sous les étoiles et bonjour les polaires. Un fin crachin arrose le pont tandis que l’horizon se bouche. L’univers devient uniformément gris et la température a chuté de 10 degrés en deux jours. Comme celle de l’eau n’a pas beaucoup baissé, le brouillard s’installe avec le froid : « Ça mouille pas mal mais, grâce à la protection du cockpit, je ne suis pas obligé de m’habiller complètement pour manœuvrer sauf quand je vais à l’avant ».
Tourné vers l’avenir, le skipper ne cache pas sa hâte de trouver ce qu’il est allé chercher : «...naviguer en multicoque et en solitaire dans les mers du Sud. Les trois semaines à venir vont me permettre de vivre l’expérience la plus forte qui soit en termes d’émotion. Trois semaines intenses à aller vite dans le froid en permanence. Plus que la destination, c’est le voyage qui est beau. C’est tout sauf un projet solitaire. C’est une équipe, une famille. Je trouve mes ressources dans les autres. En cette nouvelle année, je souhaite éclairer avec du rêve le quotidien des autres. Un tour du monde en solitaire et en multicoque n’a de sens que s’il est partagé ».
par AUFFREDOU : Allez, on y croit, Thomas, vous etes un grand monsieur. Tout n'est pas fini. Et puis quand bien meme, le record ne serait pas battu, ce serait une performance exeptionnelle de toute facon. Peu de gens sur terre sont capable de faire ce que vous avez etes entrain de faire. Peu de gens ont autant de motivation et de courage que vous. Vous etes un exemple. Je suis connecté en permanance et c'est incroyable comme je suis accroc de votre trajectoire. C'est presque pire que virtual regatta que j'avais fait à l'époque de groupama et de la transat jaques vabre. Merci à vous monsieur Thomas Coville, merci à vous, marins de toutes envergure. FP AUFFREDOU

