Un pays singulier
09.04.2008
Le rideau tombe et le soleil disparaît derrière The Table Top mountain. Le maxi Sodeb'O est à l'eau et quittera l'Afrique du Sud à la fin de la semaine.
" Aujourd’hui fut une longue journée pour toute l’équipe. Mon arrêt à Cape Town résonnait comme un gong qui vibre et dont la vibration ne semble pas vouloir s’arrêter. Après plus d’un mois de remise en état sur la base de l’Amèrica’s cup de Shosholosa, nous avons remis Sodeb’O à l’eau. Chacune de ces mises à l’eau rythme singulièrement la vie d’un bateau, mais celle-ci avait une marque particulière.
Cette ville du bout du monde qui nous entoure a été une nouvelle rencontre à elle seule. Ce genre de rencontres qui vous marquent et qui peuvent vous changer à jamais. J’étais conscient en arrivant ici que les choses ne seraient pas simples et que nous abordions ici l’extrême pointe d’un continent que je ne connais pas bien : l’Afrique. L’Afrique du Sud, ce nom résonne à lui tout seul comme une légende où l’humanité se bat au quotidien face à toutes ses contradictions.
Dans Afrique du Sud, il y a Afrique et Sud. Sud comme le grand Sud aux portes du Cap mais aussi Sud comme ce soleil qui inonde de sa force chaque jour qui passe et durcit la terre par sa chaleur. Puis, il y a Afrique avec tout ce que cela comporte comme rêve dans le « AH !» de la découverte d’un autre monde où la nature est dure et pure comme à son origine et enfin il y a le mot « fric » qui déforme et asservit tout et marque de son passage la cupidité et l’injustice qu’elle peut générer. Avant et après 1994, toute l’histoire de ce pays est une lutte sans merci contre tous les démons et richesses que l’homme a pu cultiver depuis qu’il marche.
Toutes les personnes que nous avons croisées pendant cette période passée à Cape Town ont une histoire particulière et leur témoignage remplit l’amphore que nous portons avec nous depuis le début de ce voyage incroyable qui a commencé en Australie l’année dernière. Cette réparation d’un bateau de course au milieu de ces drames, de ces joies, de ces vies si denses paraît chaque fois si futile et pourtant elle a pris un sens comme un trait d’union entre tous. Noirs, blancs, hommes, femmes, riches, pauvres, tous se sont succédés sur ces deux étraves et chaque fois ce bateau venu d’un autre monde les à réunis pour quelques heures, quelques jours pour participer au même rêve ensemble. J’ai senti cette émotion en eux aujourd’hui quand la coque centrale a repris contact avec l’eau ce soir.
Je suis fatigué mais ému et fier de ce que nous avons une nouvelle fois relevé comme défi. Aucun d’entre nous dans ce projet n’a la prétention de porter quelques bonnes paroles ou leçons, la compétition est à l’origine notre première motivation, mais le rêve est universel et chacun approche son rêve à sa manière. Nous avons tous les jours un peu plus conscience de la chance que nous avons de participer à cette aventure incroyable. J’ai été contraint de m’arrêter à Cape Town en Afrique du Sud mais nous repartirons dans quelques jours avec en nous comme une force nouvelle, cette force d’un pays qui comme un navire en recherche permanent d’un équilibre sur des eaux tumultueuses n’a d’autre choix que d’avancer.
La résonance du gong s’est tue et notre chant peut reprendre, nous allons rajouter un couplet et repartir. Il n’y a pas de fausses notes mais que des partitions à écrire."
A+ Tom.
par AUFFREDOU : Allez, on y croit, Thomas, vous etes un grand monsieur. Tout n'est pas fini. Et puis quand bien meme, le record ne serait pas battu, ce serait une performance exeptionnelle de toute facon. Peu de gens sur terre sont capable de faire ce que vous avez etes entrain de faire. Peu de gens ont autant de motivation et de courage que vous. Vous etes un exemple. Je suis connecté en permanance et c'est incroyable comme je suis accroc de votre trajectoire. C'est presque pire que virtual regatta que j'avais fait à l'époque de groupama et de la transat jaques vabre. Merci à vous monsieur Thomas Coville, merci à vous, marins de toutes envergure. FP AUFFREDOU






