Avis de tempête !
30.04.2008
Dernière épreuve « technique » imprévue pour le Maxi ! Après avoir traversé une zone difficile avec beaucoup de vent et une mer formée, Thomas nous décrit l'étape...
« Le Maxi-Trimaran affronte la tempête : virement de bord impossible
Hier soir après une période marquée par des grains très puissants un vent moyen de 35 nœuds avec des rafales à 50 nœuds, nous avons affalé l'ORC (également appelé foc de tempête).
L'éolienne a été arrachée alors qu'elle ne tournait plus. La mer est devenue forte à très forte nous nous sommes retrouvés donc de nouveau face à la mer. Puis en forcissant à 40 nœuds, le vent a de nouveau refusé assez rapidement. Le baromètre est descendu à 999.5.
Nous avons donc décidé d'empanner, le virement de bord dans cette mer étant inenvisageable.
Nous avons réussi à abattre sous Grand Voile seule 3 ris, et le bateau est parti immédiatement au surf dans la mer à plus de 28 nœuds.
Une glissade vertigineuse nocturne
La nuit noire complète rendait cette descente dans les vagues comme vertigineuse. Nous avions la sensation de tomber dans le bas des vagues.
Nous avons renvoyé une voile d'avant et l'empannage dans une vague assez rapide c'est bien passé. Le palan de l'étai ORC s'est libéré par erreur de son bloqueur entrainant la voile en avant des 2 autres étais. L'affalage (*1) de l'ORC n'a pas été simple mais finalement tout est rentré dans l'ordre.
L’équipage maîtrise les conditions, le bateau confirme ses compétences.
Reloffer (*2) face à la mer a été une épreuve mais le bateau est vraiment "safe" (sûr) même dans ces conditions. Même si le vent mollissait, la mer croisée était plus dure encore : chaque choc nous coupait le souffle. Chacun attendait la prochaine vague et rentrait la tête dans les épaules.
Tout le monde était conscient que chaque erreur serait tout de suite l'avarie grave et que nous n'étions pas bien placés pour trouver refuge.
Le baromètre remontait très vite.
Le vent n'était plus que de 27 nœuds. Nous avancions très péniblement la mer devait alors se calmer et nous laisser souffler quelques heures. Une vérification détaillée de tout le bateau s'imposait alors après une telle épreuve.
Tout le monde a vraiment très bien réagit et notre équipage était vraiment à la hauteur même si chacun d'entre eux ne s'attendait pas à une telle correction après les 2 semaines de glisse pure que nous avions vécues.
Bientôt l’Amérique !
Je ressens ce soir cette énergie qui s'est accumulée ces dernières semaines. De cette situation d'avarie à Cape Town, nous en ressortons grandi et fort. Ce voyage et cette diagonale tellement improbable entre ces deux continents. Mon cœur est encore en Afrique et ma tête est déjà en Amérique. Je rentre dans la peau de ce nouveau défi : New York et la ville monstre par excellence. Cette ville sera le tremplin du record en solo de l’Atlantique Nord. Ce record ressemble à un saut à ski où tout se joue dans les détails et où la moindre erreur est fatale. Si le vent vous porte jusqu'au bout, vous êtes de la famille de ces hommes volants qui posent leur ski tout en bas au dernier moment comme pour défier l'apesanteur.
Nous devrions arriver Vendredi en fin de journée à NYC (New York City), terme de ce voyage de 7000 milles. »
A+ Tom. "
*1 - Affaler : action de redescendre une voile pour la ranger.
*2 - Loffer : manœuvre permettant de rapprocher le Maxi-Trimaran du vent.

