NEWS : Le marin et le métronome

12.06.2008

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Thomas Coville dans la bulle de son trimaran

Six jours, 4h, 1min, 37s : les chiffres du record de l'Atlantique en solitaire. Pour gagner leur pari, Thomas Coville et Sodeb'O devront mettre moins de temps pour rallier Ambrose Light (Etats-Unis) à la pointe Lizard (Royaume-Uni). « Je n'ai pas le temps à battre en tête, » commente Thomas.

S'il ne pense pas à ces chiffres, d'autres défilent en permanence dans son esprit. Mimant les ailes d'un moulin, Thomas joint le geste à la parole. « Je pense à l'angle du vent, à la vitesse du bateau, à la polaire du bateau, au cap que je fais, à la force du vent. Je suis aussi vigilant à la tension de la batterie. »

 

La vitesse : un sac de noeuds
A bord d'un bateau, on évalue les vitesses en noeuds ; un noeud correspond à 1,852 km/h. Lors de la transat, le trimaran Sodeb'O devra surpasser celui de Francis Joyon qui filait 19,76 noeuds de moyenne lors de son record en 2005. Les terriens sont mieux habitués au compteur de leurs automobiles qu’aux écrans de contrôle d'un voilier, mais il leur suffit d'un peu d'arithmétique pour saisir que cette vitesse correspond à 36,6 km/h.

Le vent fait de la géométrie
Quand il parle « d'angle du vent », Thomas ne veut pas dire que le vent fait de la géométrie. Il évoque la position de son bateau par rapport à la direction du vent. Si le vent souffle du sud-ouest et qu'il fait cap plein est, cet angle est de 135 degrés : un bon angle pour un multicoque qui devient véloce quand cet « angle du vent » est compris entre 90 et 180 degrés.

Les polaires d'un bateau pas polaire
Et qu'est-ce que la polaire du bateau ? Ce n'est pas un vêtement chaud mais un repère de vitesse à atteindre en fonction des conditions de vent (sa vitesse et son angle). Les architectes de Sodeb'O ont défini ces polaires théoriques et en navigation (par exemple lors du convoyage de Cape Town à New York, en avril), Thomas et l'équipage ont affiné ces chiffres. On sait ainsi que s'il y a 25 noeuds de vent et que le bateau avance à 125 degrés du vent, la vitesse théorique du bateau est de 27 noeuds. « Mais j'ai aussi ma polaire à moi : c'est celle à laquelle j'estime qu'il faut aller, » ajoute Thomas éternellement en quête de vitesse et de dépassement.

Tenir son cap comme un oiseau migrateur
Quand au cap à tenir, Thomas doit intégrer dans ses calculs la dérivation magnétique qui fausse les données livrées par le compas (*). Cette dérivation varie selon les régions du globe. Elle atteint une quinzaine de degrés au large de Terre Neuve. « Les oiseaux migrateurs se déplacent sans compas, mais on ne sait pas comment ils sont capables d'avoir le cap vrai, s'étonne Thomas. C'est pareil pour les requins ou les saumons. C'est fabuleux ! »

Mais tous ces chiffres encombrent-ils l'esprit de Thomas alors qu'il traverse seul l'océan sur son géant de carbone ? « Je les ai intériorisés, répond-il, j'éprouve des sensations comme la gîte du bateau ou l'état de la mer. Finalement, c'est comme le pendule de métronome pour un musicien. » Un battement intérieur, un repère indispensable dont les musiciens virtuoses savent s’extraire.

(*) Le compas est la boussole du bateau ; il indique les directions cardinales (nord, sud, est et ouest) grâce au champ magnétique de la Terre.

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- voeux - par erwan : meilleurs voeux et bonne santé surtout. bonnes nav sur la volvo et merci pour tes voeux enthousiastes

Page extraite de http://www.sodebo-voile.com/