NEWS : Tension, fascination... transgression?
10.07.2008
Traverser l'océan Atlantique sur une libellule longue de 32 m, large de 16 m, haute de 35 m et lourde de 12 tonnes n'a rien d'une croisière en père peinard. Apprivoiser cette bestiole requiert finesse et attention extrêmes.
Pour s'emparer du record de Francis Joyon, Thomas navigue en ce moment au large du Canada, tout près de l'île Sable, à bord du plus grand multicoque construit pour un solitaire. "Même si c'est un environnement que j'ai pensé, vivre à bord de Sodeb'O, ce n'est pas quelque chose de complètement normal, reconnaît Thomas Coville. On s'expose dans un univers anormal où il y a beaucoup de bruits qu'on apprend à connaître."
Le crissement du carbone
Si par grand vent, les terriens se raidissent au sifflement du vent dans les drisses lors d'une promenade au port, il faut encore imaginer les cordages tendus qui tapent sur les coques et le mât de Sodeb'O. Le bateau résonne alors comme un violoncelle. Seuls le skipper et les techniciens qui l'entretiennent décèleront si l'instrument est bien accordé. Quand en mer forcit le vent, sous le coup d'une rafale, quand cognent les vagues, le bateau crisse plus encore. A la mesure de la puissance du voilier, le bruit lancinant peut devenir angoissant.
"A la limite extrême"
"On est à la limite extrême du bateau, poursuit Thomas qui se délecte de ce crescendo. On est tendu quand on est à deux doigts du chavirage, de casser, voire de se faire mal physiquement. Cette angoisse est partagée avec de la fascination." Dans l'esprit du skipper de Sodeb'O comme dans la langue française, cette tension rime avec excitation, jubilation, transgression? Peut-être, quand on l'entend comparer la navigation sur son maxi-trimaran avec un une moto roulant en trombe la nuit.
Pendant la semaine de traversée, le trimaran navigue au plein de sa vitesse. Pour battre le record de Francis Joyon (juillet 2005), il faut dépasser la moyenne de 19,76 noeuds (36 km/h). "La tension que je gère n'est pas la même le premier jour et le dernier jour, complète Thomas. Il y a une manière de s'acclimater et de la dompter. Au fur et à mesure, je deviens de plus en plus marin et de moins en moins terrien. La tension s'atténue et la vitesse devient quelque chose de banal." Aussi banal qu'une traversée record de l'Atlantique, peut-être...
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Par Hurth : Plein de réussite pour le calendrier 2010, refais-nous vibrer comme les années précédentes. A bientôt. Par Vanessa : Quel programme pour 2010 !!! Je te souhaite de grandes victoires et je suis certaine que tu y parviendra. 2010, c'est ton année Thomas !!! Je te suivrai de près en tout cas.


