NEWS : La sobre cambuse du solitaire
11.07.2008
"Matelot, le vent est bon, la cambuse pleine de jambon !" Ce refrain de chant de marin ne s'applique pas à Thomas Coville. S'il faut un bon vent pour que Sodeb'O décroche son ruban bleu (*), sa cambuse (son garde-manger) est des plus sobres.
Dans un bateau de carbone où ingénieurs et techniciens s'efforcent de tout alléger, la nourriture pèse lourd. C'en est presque un poids mort. C'est pourquoi, la plupart des aliments embarqués sont lyophilisés, c'est-à-dire qu'on les a surgelés pour ensuite, dans une atmosphère sous vide, en évaporer l'eau (la glace) qu'ils retenaient. Ils deviennent plus légers et se conservent longtemps.
Seulement réchauffer de l'eau
"En gros, je n'ai que de l'eau à réchauffer pour reconstituer la nourriture," explique Thomas Coville, solitaire peu gourmand quand il navigue. Il mange aussi des céréales et des fruits secs (mangues, poires, bananes) dont il apprécie la suavité, le goùt et le conditionnement pratique.
Aujourd'hui, au bout de deux jours de navigation, Thomas devrait avoir épuisé les vivres fraîches qu'il a embarquées aux Etats-Unis. Traîner une ligne pour pêcher sa pitance : l'idée ne l'a jamais effleuré. Comme de nombreux terriens, Thomas a pris l'habitude de manger sur le pouce. Il s'efforce de garder quatre repas par tranche de 24 heures en alternant repas consistant et repas léger. Objectif: ingurgiter l'équivalent de 4000 calories faute de quoi il reviendrait amaigri de son intense transat.
Le piège du grignotage
Les journées non-stop s'enchaînent, le grignotage est tentant, mais c'est un piège. "Pendant longtemps, l'alimentation est un sujet que j'ai négligé, reconnaît-il. J'essaie d'associer cette notion avec le plaisir, d'autant plus que je me suis aperçu que j'avais du mal à mâcher. C'est peut-être le fait d'être stressé ; je mangeais très peu et je perdais beaucoup de poids. J'ai essayé de comprendre pourquoi et c'est vrai que j'ai la mâchoire qui ne sert pas dans la journée. Comme je suis tout seul, je ne parle pas et à ce moment-là , je n'avais pas envie de manger, je n'avais pas envie de mâcher."
Pourtant, dans ces journées hors du temps que Thomas passe au large, la nourriture est son carburant. "Je mange peut-être par réflexe pavlovien, observe-t-il, avant d'aller dormir ou avant de faire une manoeuvre. C'est comme si je prenais ma dose ! On est comme des drogués de l'adrénaline et en complément de l'adrénaline, on est obligé de s'alimenter correctement, ou intelligemment, au fur et à mesure d'une traversée."
(*) Jusqu'en 1952, le ruban bleu ornait le paquebot le plus rapide dans la traversée de l'Atlantique. Le dernier détenteur, un bâtiment américain, a navigué (au moteur) à 34,51 noeuds de moyenne (64 km/h). POur l'instant, Thomas maintient une vitesse de 23,14 noeuds (43 km/h).
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- 9/07/08 : Interview "vie à bord" : Que manges-tu ?
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Par Hurth : Plein de réussite pour le calendrier 2010, refais-nous vibrer comme les années précédentes. A bientôt. Par Vanessa : Quel programme pour 2010 !!! Je te souhaite de grandes victoires et je suis certaine que tu y parviendra. 2010, c'est ton année Thomas !!! Je te suivrai de près en tout cas.


