NEWS : Le tour de la banane

30.06.2010

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Ombre chinoise à bord de Sodebo, pas très loin de la latitude des Bermudes

Pour rentrer de Guadeloupe à La Trinité-sur-Mer à la voile, pourquoi ne pas tirer tout simplement une jolie diagonale à travers l'Atlantique ?

Et bien non ! Pour avancer, il faut du vent et celui-ci tourne autour d’un gigantesque anticyclone des Açores étalé cette semaine de tout son long, justement sur la diagonale idéale pour rentrer en Europe.

Mais rien de nouveau, c’est une configuration typique des transatlantiques "retours" des Antilles et Thomas est d’ailleurs plutôt bien loti. Le skipper de Sodebo bénéficie de conditions clémentes en cette fin juin là où l’hiver, après une transat à fond dans les alizés (type Route du Rhum ou Transat Jacques Vabre depuis que celle-ci arrive au Costa Rica), les marins prennent plutôt le "remonte-pente" pour plusieurs jours de près dans la tempête.

Depuis son départ dimanche de Pointe-À-Pitre, le trimaran effectue donc une ascension de la face Ouest de l’anticyclone des Açores, restant sur la crête en évitant de trop s'approcher du centre où le vent tombe littéralement. Sur la carte, cela se traduit par une trajectoire quasiment plein Nord. Thomas coupe les latitudes une à une, il vise l'une des dépressions qui traversent l’Atlantique d’Ouest en Est afin de passer avec elle de l’autre versant de l’océan.

"Cela n’avance pas très vite, mais on ne va pas se plaindre," explique le skipper au bout du fil. "Je contourne l’anticyclone des Açores qui fait comme une grande banane en travers de l’Atlantique avec une excroissance à chaque bout, appelée dorsale. Là, je traverse celle qui est dans son Ouest. Je devrais en sortir en fin de journée pour vous et toucher un flux de Sud-Ouest qui va me permettre de gagner encore un peu plus au Nord. Je vais monter en escalier, jusqu’à effleurer les bancs de Terre-Neuve pour attraper un front dépressionnaire que je vais essayer de garder le plus longtemps possible avec moi. C’est sûr, quand je suis, comme maintenant, sur ce bord en tribord amure, on doit se demander si je vais à New York ou si je rentre à la maison mais c’est bien par là que la route est la plus rapide." 

Atmosphère, atmosphère

Pour ce qui est des conditions de navigation, Thomas ne se lasse pas de cette faculté qu’ont ces grands multicoques à vous faire passer d’une ambiance à une autre en une poignée d’heures : "J’ai quitté les chaleurs des tropiques. A chaque zone, son atmosphère, et là, j’ai touché une belle houle d’Ouest typique de l’Atlantique. La couleur de la mer est magnifique et le bateau part en surf en douceur. Je pense être déjà dans le lit du courant du Gulf Stream que l’on reconnaît grâce aux algues dotées de petites boules semblables à celles de nos côtes bretonnes. Par contre, j’entre aussi dans une région où transitent beaucoup de baleines. Je veille même si elles s'avèrent difficiles à repérer dans cette mer formée."

Pour la fin de parcours, le skipper avoue avoir "un peu de mal à anticiper les conditions. L’été devrait continuer à dicter sa loi en Europe et cela pourrait être assez "mou" jusqu’au bout. "

L’acuité du solitaire

Depuis le début de l’année 2010, le Trinitain a déjà fait un tour du monde en équipage (Trophée Jules Verne) et traversé l’Atlantique en double vers la Guadeloupe, accompagné de son "second" et directeur technique, Thierry Briend. Il n’a donc pas navigué en solitaire depuis son arrivée à Brest en janvier 2009 après un tour du globe réalisé en 59 jours à bord de Sodebo. "Je voulais me mettre dans les conditions réelles du solitaire avant la Route du Rhum," rappelle-t-il. "Il n’y a pas de miracle, même en double, tu ne retrouves pas cette intensité du solitaire où tu es à l'affût du moindre détail, où tout repose sur toi. Tu ne peux pas reproduire en équipage, même réduit, cette pression qui s'installe sur tes épaules dès que tu quittes un port en solitaire."

Envoyez un message à Thomas

Bon courage - par Nathalie (traductrice Hydroptère) - Bon courage et je suis sûre qu'ensemble, vous allez trouver la bonne solution pour faire bonne route avec Franck et les autres collègues. De tout coeur avec toi et l'équipe dans cette mésaventure. Continuez à vous battre, vous le méritez ! bon vent - par arielle cassim - La voix du seigneur te souhaite bon vent ! Toi et ton équipe prenez du plaisir, mais restez prudents !

Page extraite de http://www.sodebo-voile.com/