Partis de Brest le 18 novembre 2008, Thomas Coville et le Maxi-Trimaran Sodeb'O bouclent ce tour du globe le 17 janvier 2009 en 59 jours, 20 heures, 47 minutes et 43 secondes à la moyenne de 19,6 noeuds.

Thomas ne cache pas pas sa déception de compétiteur : il ne battra pas cette année le record de Francis Joyon. Pourtant en moins de deux mois, le skipper Sodeb'O aura parcouru plus de 24 000 milles (soit 44 450 km) sur les 3 océans du globe. Affrontant successivement les dépressions de l'Atlantique, les tempêtes de l'Indien, le froid et les glaces de l'Antarctique, l'immensité du Pacifique... Entre épuisement physique et fatigue mentale, le skipper de Sodeb'O a su repousser ses limites et aller puiser au plus profond de lui-même l'énergie pour relever ce défi mais Eole ne fut pas avec lui...
C'est une véritable performance que vient d'accomplir Thomas Coville. Ainsi, il entre dans l'histoire de la voile comme l'un des très rares navigateurs à parcourir le globe sans escale, en solitaire, et sur multicoque, à ce jour, seuls Ellen MacArthur et Francis Joyon ont réussi. Tout au long de son périple, Thomas a tenu à nous faire partager, entre analyses météo, décisions stratégiques, manoeuvres délicates à répétition, réparations périlleuses et rares moments de sommeil... cette formidable aventure humaine dépassant largement le cadre de l'exploit sportif.

Francis Joyon : « Bravo Thomas, si la victoire n'a pas été au rendez-vous, il s'en est fallu de peu, et surtout, tu as su vaincre toutes les difficultés et tous les risques qui font le charme d'un tour du monde en multicoque et en solitaire. C'est en soi un vrai succès : bienvenue au club des fous de multi autour de la planète sans escale : seulement 3 membres pour le moment avec Ellen ! J'ai suivi ton trajet, sans jamais douter que tu pouvais rattraper ton retard, car le détour que tu as dû faire à la descente de l'Atlantique serait compensé par les vents contraires que j'avais rencontrés à la remontée de celle-ci. C'est passionnant de voir que sur un trajet aussi long, les moments météo favorables se compensent et arrivent à s'équilibrer !
Amitiés
Francis Joyon
»

Ellen MacArthur : « Seules trois personnes au monde ont connu la brutalité et le stress d'un tour du monde sans escale à bord d'un multicoque. L'un d'eux, un certain Monsieur Thomas Coville, vient juste d'arriver à Brest. Pour la plupart de ceux qui fêteront son arrivée, l'exploit inspirera admiration et respect, et parmi ces admirateurs je serai sans doute la plus fervente. J'ai connu cette épreuve, je l'ai vécue… mais Thomas l'a fait tellement plus vite que moi, sur un bateau plus exigeant, et se battant contre un chrono bien plus difficile à atteindre ! Thomas, les mots ne peuvent décrire ce que tu viens de vivre, mais toi tu sais… et tu sais que je sais. J'ai le plus grand respect qui soit pour ce que tu viens de réaliser. Tu es un héros. »

Olivier de Kersauson aussi a tenu à saluer la performance de son ancien équipier sur un Trophée Jules Verne victorieux en 1997 : « Ce qui compte c’est la valeur des combats, les victoires, c’est la cerise sur le gâteau. Après c’est le destin, il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter. On ne peut pas lutter contre un système météorologique hostile. Les multicoques sont des bateaux stressants à piloter à grande vitesse. Il n’y a pas de repêchage. Si sur une erreur, on se met sur le toit, c’est vraiment fini. Vu le temps qu’il a fait sur le parcours avec la météo qu’il a eue, il a vraiment donné ! C’est la noblesse de ce sport. A l’impossible, nul n’est tenu ! Autant, je suis pour l’engagement et je trouve que partir en multicoque autour du monde c’est un truc formidable, risqué, casse-gueule, dangereux, intelligent, agressif. A partir du moment où on a tout donné, il n’y a pas de tristesse à avoir. Ce que Thomas a fait sur l’Atlantique est le résultat d’une vraie connaissance et d’une vraie maîtrise. Lui et le bateau ont vraiment le niveau du record ; ils ont eu des météos vraiment défavorables. Ce n’est pas humiliant. Bien sûr, il faut recommencer. Mais c’est comme ça que ça s’affine. Ça n’empêche pas de saluer avec intérêt sa belle navigation, surtout en conditions hostiles.»


Envoyez un message à Thomas

par matmat : Bonne route vers NY aux sodeboys de la part du centre nautique de Saint Cast ! par maxime : Attend avec impatience ton départ de NY. Espère de belles images en particulier l'arrivée de Sodebo à NY. Bons vents. par Le gourrierec : Salut Thomas, je te soutiens et ce record tu le tiens. Bon vent et bonne chance.

Page extraite de http://www.sodebo-voile.com/