Nous sommes déjà à mi-chemin entre l'Australie et la Nouvelle Calédonie
10.07.2007
Bonjour à tous,
Notre départ d'Australie nous a tout de suite mis dans le vif du sujet.
Les rafales de pluies balayaient les quais de ce port minier de la côte Est australienne et rares étaient les curieux qui nous ont largués les amarres.
Peter et Sari Ulrich, le couple qui a supervisé la construction de notre bateau, étaient là, avec l'inquiétude de nous voir partir dans ce mauvais temps annoncé.
Notre voyage retour ressemble déjà à une épopée à la Conrad ou Jack London.
L'équipage regarde la barre de déferlante qui s'écrase sur les abords de l'entrée du chenal et chacun sait que les premières heures vont être difficiles.
Le baptême du feu pour notre nouveau bateau. J'ai pris cette décision de partir aujourd'hui pour en avoir le cœur net. J'ai besoin de savoir, de voir pour le croire et de découvrir la vérité le plus tôt possible, comme de rencontrer quelqu'un en tête à tête, ce nouveau bateau doit me livrer son vrai visage et tout de suite !
La mer devant Newcastle est forte et désordonnée nous partons sous voilure réduite et déjà le bateau file à plus de 25 nds.
Sensations. Deux pointes rocheuses nous obligent à serrer le vent et les chocs sont durs et sourds. Le bateau encaisse et je le sens vivre sous mes mains qui font tourner la barre.
Chaque bruit, résonnance, rebond, rappel, écart sont décryptés. Chacun a un sens et l'ensemble a une cohérence comme un code génétique. Je lis et écoute son caractère. Les milles défilent et je le dompte vite. Il est nerveux mais répond bien.
Je tente d'être précis car dans ces conditions la moindre erreur est dramatique. Je commence à sourire et je me détends petit à petit la nuit va être longue et les rafales sont déjà très fortes mais je suis rassuré, je le sens bien et j'ai confiance.
Les étraves sortent de l'eau et la longueur des formes sont magiques. Les chocs sont violents mais tout est compact et répond comme un bloc.
Les chiffres des écrans d'électronique me traduisent tout mais je n'ai pas besoin d'eux, tout est dans les sensations.
Nous n'avons rien abîmé cette nuit et tout s'est bien passé.
Chacun a bien trouvé ses marques et les petits désagréments de certains mal de mer sont déjà loin.
Nous sommes déjà à mi-chemin entre l'Australie et la Nouvelle Calédonie que nous devrions atteindre jeudi matin.
Ce soir le bateau glisse au portant et nos 2 quarts se retrouvent pour dîner dehors. J'aime la complicité qui nait d'un équipage qui a traversé son premier coup de vent ensemble.
Malgré la fatigue accumulée, l’aventure d'un nouveau parcours, les images de ce pays immense et l'excitation de la découverte de notre prochaine destination me remplissent de bonheur ce soir. Je vous embrasse tous et remercie tous ceux et celles qui ont permis que ce rêve existe.
A+Tom.
DOCUMENTS LIÉS À CET ARTICLE
Bon courage - par Nathalie (traductrice Hydroptère) - Bon courage et je suis sûre qu'ensemble, vous allez trouver la bonne solution pour faire bonne route avec Franck et les autres collègues. De tout coeur avec toi et l'équipe dans cette mésaventure. Continuez à vous battre, vous le méritez ! bon vent - par arielle cassim - La voix du seigneur te souhaite bon vent ! Toi et ton équipe prenez du plaisir, mais restez prudents !


