Navigation exeptionnelle en mer Rouge
22.08.2007
Bonjour tout le monde.
Des nouvelles du bateau :
Après 9 jours de mer, nous sommes toujours en mer Rouge jouant entre les risées, le moteur et la chaleur.
Nous avons commencé ce convoyage assez fort avec près de 700 miles parcourus les premiers jours, du vent portant et des pointes de vitesse à plus de 30 noeuds régulièrement. Le départ des Seychelles était assez somptueux, entre le croisement des îles et le couché de soleil si mythique.
Au bout du 3ème jour, nous sommes entrés dans le golf d'Aden, la corne de l'Afrique. Là, commençait la forte chaleur et la pétole.
Au gré du dieu Eole, nous avons navigué pendant 2 jours dans ce golf, avant de rentrer dans la célèbre mer Rouge (j'avais vraiment hâte de savoir si elle était rouge ou non). Au détroit, nous avons croisé le chemin de petites barques Yéménites (pécheurs du Yémen). Péchant aussi bien la nuit que le jour, cela nécessitait une veille permanente. Au début de la mer rouge, nous avons même été accosté par une de ces barques avec 8 personnes à bord : croyant tout d'abord à une attaque de pirates (à laquelle nous étions bien préparés d'ailleurs : fusil à pompe et k47 à l'épaule...), ils se sont approchés de nous en nous faisant des signes. Après quelques échanges de signes dignes d'hommes primitifs, nous leur avons donné bouteilles d'eau et Sodas. Heureux, ils nous ont proposé un poisson (offre qu'on a dû décliner pour insuffisance de quoi le préparer) puis sont repartis en direction du Yémen.
Ensuite la mer Rouge au moteur, encore au moteur et toujours au moteur à 8 noeuds... Nous en avons profité pour passer à côté des îles Hanish al Kubra, où nous nous sommes jetés dans une eau à 33°C, intenable au soleil : obligés de trouver l'ombre derrière le bateau pour apprécier la nage. Surplombé par la chaleur, et l'humidité, notre vie sur le bateau se manifeste par une recherche incessante de fraîcheur, la moindre manoeuvre nous fait fondre en grosses gouttes... (pas très propre tout ça). Le sable rouge, venant tout droit des déserts soudanais, s'accumule sur le bateau. Autrement dit, le vent apparut lors du 3ème jour de nav dans la mer rouge fut le bienvenue. Vitesse et ligne droite vers Suez nous permettent de passer L'érithrée, puis le Soudan et de rentrer en Egypte avec l'Arabie Saoudite de l'autre côté. Un vrai bonheur sur le bateau, où s'installe désormais la vie sous les fortes chaleurs : une petite parade à l'eau à l'arrière du bateau le soir (idée tombée toute droite de l'expérience de Jacques Vincent) nous permet de nous rafraîchir. Quelques seaux d'eau réguliers sur le pont pour nettoyer le sable accumulé, et pour nettoyer nos vêtements rythment notre quotidien. Point d'orgue , nous avons pu admirer hier et ce matin un coucher et lever de soleil digne des plus belles photos : le soleil se noie dans l'horizon et ressurgit de l'autre azimut 12h plus tard.
Maintenant, plus que 36h de mer avant d'atteindre Suez, mais avant un parcours encore parsemé d'embûches avec le passage du Golf de Suez long de 150 miles et large de 15 : sympa pour un Trimaran...
Voila des nouvelles,
Dites moi si c'est bien, auquel cas je suis prêt à remplacer notre Thomas Coville irremplaçable
A+
Alexis
par AUFFREDOU : Allez, on y croit, Thomas, vous etes un grand monsieur. Tout n'est pas fini. Et puis quand bien meme, le record ne serait pas battu, ce serait une performance exeptionnelle de toute facon. Peu de gens sur terre sont capable de faire ce que vous avez etes entrain de faire. Peu de gens ont autant de motivation et de courage que vous. Vous etes un exemple. Je suis connecté en permanance et c'est incroyable comme je suis accroc de votre trajectoire. C'est presque pire que virtual regatta que j'avais fait à l'époque de groupama et de la transat jaques vabre. Merci à vous monsieur Thomas Coville, merci à vous, marins de toutes envergure. FP AUFFREDOU


